La classe virtuelle et la crédibilité des jeunes apprenants libanais

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La classe virtuelle et la crédibilité des jeunes apprenants libanais

Myriam Ghbeira

1e auteur: Myriam GHBEIRA

2e auteur: Dr Christelle STEPHAN-HAYEK

Affiliation: Département des Sciences de l’éducation, Faculté des Arts et des Sciences, Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK), B.P. 446, Jounieh, Liban

Sujet: L’influence de l’usage excessif des applications téléphoniques de communication sur les apprenants libanais durant la classe virtuelle au temps de la pandémie Covid-19.

Problématique: Dans quelle mesure les applications téléphoniques de communication se répercutent sur la crédibilité des apprenants libanais?

Hypothèse: L’usage massif des applications téléphoniques de communication est un élément menant à la baisse de la crédibilité chez les apprenants libanais.

Corpus: 150 réponses auprès des apprenants libanais scolarisés dans des établissements scolaires privés, âgés entre 12 et 15 ans et vivant dans la région du Mont-Liban et Jbeil. Les réponses sont représentées sous forme de diagramme circulaire. Ces questions concernent les raisons pour lesquelles ces apprenants utilisent d’une manière excessive les applications téléphoniques de communication et l’impact de cet usage sur leur crédibilité.

Cadre théorique: Définir la crédibilité des apprenants en général et durant la classe virtuelle/ les réseaux sociaux et leur influence sur la crédibilité des apprenants/ le rôle des enseignants vis-à-vis de la crédibilité des apprenants/ l’usage des applications téléphoniques qui donnent des réponses rapides.

Résumé

Dans cet article, nous allons d’abord définir la crédibilité des apprenants en général et durant la classe virtuelle. Nous voulons ainsi mettre en lumière l’influence des réseaux sociaux sur la crédibilité des apprenants, âgés entre 12 et 15 ans, durant la classe virtuelle, au temps de la pandémie du Covid-19. Nous allons, dans cette optique, souligner le rôle des enseignants quant à la crédibilité des apprenants et analyser l’impact de l’usage des applications téléphoniques qui sont à la portée de ces derniers et qui leur donnent des solutions rapides. Cette étude est réalisée dans le contexte actuel de la région du Mont-Liban.

Introduction

D’après nos lectures, nous avons trouvé que, durant le confinement, et dû à la pandémie Covid-19, il y a eu un usage excessif des réseaux sociaux dans le monde, tels que WhatsApp, Microsoft Teams, Zoom, etc. entre les enseignants et les apprenants, pour pouvoir communiquer et continuer le parcours scolaire. L’enseignement en présentiel s’est ainsi retrouvé converti en enseignement à distance et en ligne.

Pour les apprenants, il s’agit de nouveaux moyens technologiques qui peuvent, entre autres, les encourager à se mettre dans une situation de fraude. À titre d’exemple, ils peuvent, en effet, avoir tendance à créer un groupe WhatsApp, choisir le meilleur élève de la classe pour qu’il fasse le devoir et attendre qu’il l’envoie à tous les autres. Donc, les apprenants se servent d’Internet et des applications téléphoniques pour faire des devoirs et trouver des réponses à leurs questions. Ces actes peuvent favoriser, d’une part, le plagiat et la fraude et, d’autre part, la passivité, en limitant la réflexion et l’analyse personnelle. Ici se posent plusieurs questions, notamment celle de la crédibilité des apprenants.      

Dans cette optique, dans quelle mesure les applications téléphoniques de communication se répercutent sur la crédibilité des apprenants libanais?

Dans cet article, nous allons, d’une part, définir la crédibilité des jeunes apprenants et l’analyser chez les jeunes Libanais au Mont Liban, pendant la classe virtuelle, au temps de la pandémie du covid-19. Comme nous allons, d’autre part, mettre en lumière l’impact de l’usage excessif des applications de communication sur cette crédibilité et révéler le rôle des enseignants dans sa gestion.

La crédibilité des apprenants durant la classe virtuelle

La crédibilité est «le caractère de ce qui est crédible, c’est-à-dire de ce que l’on peut croire de ce qui est susceptible d’être cru, de quelque chose ou de quelqu’un auquel l’on peut faire crédit, qui est fiable, digne de confiance. Une information, une déclaration ou un document est considéré comme plus ou moins crédible selon le niveau de véracité, de fiabilité, de confiance que le récepteur accorde à sa source et à ce qui la transmet (son vecteur). Il s’agit là d’une perception subjective». (La toupie).

«Le nom “crédibilité” est soit dérivé de “crédible”, soit emprunté au latin médiéval “credibilitas”. Comme “crédible”, il doit son regain, au milieu du XXe siècle, à l’anglais, […] au sens général de qualité de ce qui est croyable, possible ou vraisemblance. Comme “crédible”, le mot est courant dans les affaires, la politique.» (Le Robert, p. 899).

Par ailleurs, «c’est un caractère de quelqu’un qui est digne de confiance: il a perdu toute crédibilité par ses mensonges.» (Grand usuel Larousse, p. 1900).

D’après les définitions précitées, la crédibilité, dans le contexte de l’enseignement en ligne, est la preuve d’honnêteté, de confiance et de sérieux des apprenants, en ce qui concerne leur travail et la présentation des devoirs scolaires requis de la part des enseignants. C’est justement le fait qu’ils soient «dignes de confiance» dans ce qu’ils accomplissent.

Or, durant la classe virtuelle, et dans le processus d’enseignement à distance, la crédibilité est quasiment incontrôlable, vu que les apprenants ne sont pas vraiment sous le regard de leurs enseignants. Cette modalité d’enseignement peut, de cette manière, encourager certains élèves, qui manquent de confiance en soi et en leur potentiel, ou qui n’ont pas beaucoup de motivation, de tricher et de plagier, voire de présenter des devoirs scolaires accomplis par des tiers ou via des applications téléphoniques. Il s’avère, de plus, que la crédibilité des apprenants est également influencée durant l’apprentissage virtuel, quand ces derniers sont disponibles dans la rubrique des participants, mais distraits et inhibés cognitivement.

Ces actes de tricherie et de falsification peuvent concourir à la perte de confiance et de crédibilité des autres, notamment des enseignants, vis-à-vis des apprenants.

Dhawan (2020) affirme que l’enseignement à distance présente certaines failles au niveau de l’échange communicationnel entre l’enseignant et l’apprenant, surtout au moment où les deux facteurs temporel et spatialmalgré leur souplesse et leur malléabilité – deviennent une source de perturbation plutôt que de facilitation pour l’apprenant. En effet, celui-ci peut être disponible physiquement durant la séance en ligne, mais absent et distrait cognitivement, stimulé par des facteurs extrinsèques absents d’habitude lors du processus de l’enseignement-apprentissage en présentiel: regarder la télé, surfer sur les réseaux sociaux comme Facebook ou Instagram, manger, dormir, etc. Cela peut mettre en relief l’absence de sérieux de la part de l’apprenant, qui peut influencer, d’une façon ou d’une autre, sa participation et son engagement durant l’enseignement en ligne. Cet enseignement est, en effet, loin d’être approprié pour tous les apprenants, qui se distinguent par leur degré de confiance en soi et par leurs capacités. Pour certains, c’est même une source de frustration et de confusion. (Puisqu’ils sont déconnectés du monde extérieur, éloignés des rituels quotidiens, isolés dans un même endroit par peur de la contagion du virus Covid-19, bloqués devant l’écran pour un nombre d’heures à la suite avec une interaction virtuelle) (p. 11).

Les réseaux sociaux et leur influence sur la crédibilité des apprenants

Guibert et Michaut (2011) disent que le plagiat dans le milieu scolaire et universitaire est répandu dans maints pays, comme les États-Unis et la France. Là, certains apprenants se contentent de calquer les informations trouvées sur Internet, en totalité ou en partie, sans en mentionner la référence, afin de présenter, par exemple, un devoir requis. (Guibert et Michaut, 2011, p. 149). De cette manière, Internet, en tant qu’outil permettant d’accéder au savoir et aux informations, semble contribuer au plagiat et à une certaine distraction qui empêcherait l’apprenant de bien interpréter le contenu d’un texte quelconque, de le reformuler ou encore, et surtout, de l’analyser. Béland, Bureau et Peter (2020) expliquent que les institutions éducatives ont dû fermer afin de freiner la propagation de la pandémie Covid-19, ce qui a provoqué chez les apprenants un sentiment d’inquiétude vis-à-vis de la nouvelle modalité d’enseignement en ligne, qui leur paraît inadaptée, et de l’arrêt de certains cours. Or, dans ce contexte, et avec l’usage intensif du numérique dans le milieu académique, le plagiat est devenu omniprésent. Il est à noter que si certains apprenants abusent de cette pratique en connaissance de cause, d’autres le font par mégarde ou par méconnaissance. Et ceux qui le font intentionnellement sont sans doute soucieux de leur résultat scolaire, de leur réussite, en d’autres termes, ils veulent obtenir de bonnes réponses rapides, toutes faites, sans beaucoup d’efforts. La pandémie Covid-19 vient ainsi aggraver les situations de fraude chez les apprenants, qui sont finalement les premières victimes du plagiat. Or, dans le milieu scolaire, les apprenants se sentent encouragés et motivés grâce à l’appui et à la valorisation des enseignants (le support verbal de la part des enseignants vis-à-vis des apprenants concernant la progression du travail scolaire et la valorisation de l’effort qu’ils font) (p. 3). Or, le concept de plagiat est incontrôlable lors de l’enseignement à distance, c’est pour cela qu’il vaut mieux mettre l’accent sur la qualité des contenus enseignés plutôt que sur la quantité. Cela pourrait réduire le taux de plagiat chez les apprenants (ce qui importe c’est de vérifier l’acquisition d’une notion quelconque par les apprenants, même si celle-ci dépasse le temps d’explication déterminé, sans avoir pour unique objectif de terminer le programme scolaire) (p. 4).

Le rôle des enseignants vis-à-vis de la crédibilité des apprenants

Pour ce qui est du milieu scolaire, Owolabi (2020) souligne que les enseignants doivent être vigilants et pousser les apprenants à s’engager, en faisant preuve d’un esprit d’éthique durant la classe virtuelle. Il est à noter que les enseignants ne doivent pas perdre de vue les risques de plagiat qui peuvent tenter les apprenants. (p. 4) Il est également à signaler qu’il faut veiller au contrôle des commentaires et des insultes, qui circulent entre les apprenants, relatifs à des sujets controversés, délicats et parfois tabous, tels que des sujets religieux, sexuels, racistes, sociaux, etc. (p. 5) En outre, il ne faut pas perdre de vue que le contenu d’une classe virtuelle est susceptible d’être enregistré par d’autres personnes, à des fins malintentionnées, qui peuvent éventuellement mettre en péril l’institution éducative et ses acteurs. (p. 5) Guironnet (2020) met en relief le rapport communicationnel entre les apprenants et leur enseignant. Il affirme que la participation et l’interférence entre les enseignants et les apprenants durant la classe virtuelle sont restreintes et minimales, et que cela est dû à la modalité d’enseignement perçue par les apprenants comme une méthode stagnante et figée. Le cours magistral dispensé aux apprenants aurait besoin d’un peu de malléabilité pour le rendre plus motivant. (p. 7)

L’usage des applications téléphoniques qui donnent des réponses rapides

Boudreau (2020) signale, pour sa part, que si le plagiat existe depuis longtemps, de nos jours, ce fléau a connu une évolution au niveau de sa prolifération sur les applications numériques. C’est ainsi que des projets éducatifs et des devoirs scolaires ont été vendus sur des sites et des applications. Ces services ont été promus par des chômeurs diplômés, dans les pays en voie de développement, tel que le Kenya, à destination des écoliers américains. Ces services sont également répandus dans les écoles francophones, notamment au Canada, surtout que la sécurité numérique ne couvre pas tous les liens des réseaux sociaux, ce qui favorise une ambiance de communication optimale entre les écoliers et ces chômeurs diplômés (pp. 1-2).

Méthodologie

Afin d’obtenir des résultats valides, une démonstration pratique s’avère importante afin de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse suggérée. Cette enquête sur le terrain a été travaillée pendant les mois d’octobre, novembre et décembre 2020. L’outil adopté dans ce travail est un questionnaire adressé aux apprenants du cycle complémentaire, âgés entre 12 et 15 ans, dans six établissements scolaires au Mont Liban. Nous tenterons dans cet article d’analyser 150 réponses à 3 questions adressées aux apprenants concernant les raisons pour lesquelles ils utilisent les applications téléphoniques, l’usage excessif de ces applications qui peut conduire au plagiat, et les applications téléphoniques qui donnent des réponses rapides, comme nous allons nous pencher sur 1 question adressée aux enseignants, relative à leur avis envers l’usage excessif des applications téléphoniques par les apprenants. Dans le cadre de notre recherche, nous adoptons une analyse qualitative. En effet, notre corpus va nous permettre d’approfondir notre réflexion afin d’aboutir à des interprétations adéquates aux résultats obtenus.

Nous allons analyser les résultats obtenus par le biais du logiciel « SPSS », qui permet de présenter les résultats de l’enquête sous forme de diagramme circulaire qui montre le pourcentage de chaque réponse. Ensuite, nous allons accompagner ce diagramme circulaire par une analyse qualitative, en vue d’expliquer les résultats obtenus concernant la crédibilité des apprenants libanais vis-à-vis des enseignants d’une part, et d’eux-mêmes d’autre part.

Résultats (discussion)

Nous représentons, dans ce qui suit, les questions posées aux apprenants libanais enquêtés, avec les résultats obtenus.

Q1-Selon vous, l’usage excessif des applications téléphoniques de communication par les élèves contribue à/au: (choisissez deux réponses)

   

 

  

 

L’analyse des réponses à cette question nous révèle que l’usage excessif des applications téléphoniques de communication par les apprenants contribue surtout, selon eux, à la baisse de productivité (62,67%), au plagiat (44,67%) et à la perte d’une syntaxe correcte, des règles d’orthographe et de grammaire (44,67%).

Cela montre que certains apprenants libanais utilisent les applications téléphoniques à des fins de tricherie et de falsification, comme par exemple avoir les réponses d’un devoir de son ami ou à l’aide d’une application téléphonique spécifique à une discipline quelconque. Cela va aboutir, sans aucun doute, à la perte de la crédibilité, à la perte des règles d’orthographe et de grammaire et, par la suite, à une régression de la productivité chez certains apprenants libanais, ce qui pourrait se répercuter ultérieurement sur sa vie professionnelle et même privée.

Q2- Avez-vous parfois recours à des applications téléphoniques qui vous donnent des solutions (réponses) valides et rapides?

Il est important de signaler que 28% des apprenants enquêtés ont déclaré avoir parfois recours à des applications téléphoniques qui donnent des solutions (réponses) valides et rapides.

Cela montre que les informations sont accessibles à tout le monde, dans des conditions spatiales et temporelles variées. C’est pour cela qu’un contrôle parental serait crucial auprès des apprenants. Cela montre aussi le degré de crédibilité et d’authenticité des apprenants envers eux-mêmes et envers les enseignants. Cet acte va se répercuter sur sa vie entière et sur le regard des autres envers eux. Ajoutons que le recours à ce genre de solution va réduire et affecter, sans aucun doute, la productivité des apprenants, qui ne font preuve d’aucun investissement de performance ou de compétence.

Q3- Nommez une application téléphonique que vous utilisez pour résoudre un exercice.

Il est à remarquer que certains apprenants enquêtés utilisent quelques applications téléphoniques afin d’obtenir une réponse rapide à un exercice, entre autres: Photo math 11.33%, Socratic, Mathway 1,33%.

Il s’est avéré que d’autres apprenants font appel à des applications téléphoniques telles que: WhatsApp 2,67% ou à des moteurs de recherche comme Google 12% afin de chercher de l’aide pour avoir une réponse.

Nous constatons ainsi que certains apprenants ne veulent faire aucun effort pour résoudre un exercice. Ils se contentent de chercher des réponses rapides et valides à travers les applications téléphoniques spécifiques à une matière quelconque. Ce qui montre le faible degré de crédibilité, d’authenticité et d’éthique chez ces derniers au regard des autres, notamment celui des enseignants.

Pour ceux qui surfent sur les moteurs de recherches ou les réseaux sociaux pour clarifier une notion ou avoir une aide à une réponse, ils doivent être conscients et chercher des informations fiables, dont les ressources sont scientifiques, et bien les reformuler, afin d’éviter le plagiat. En fait, les informations sont innombrables et l’homme ne peut pas les connaître toutes. Ce qui importe, c’est de savoir comment tirer profit du flux de savoir auquel chacun est exposé pour retrouver l’information recherchée et la comprendre.

Q4-Selon vous, l’usage excessif des applications téléphoniques de communication par les élèves contribue à/au: (choisissez deux réponses)

 

 

Selon les enseignants enquêtés, l’usage excessif des applications téléphoniques de communication par les élèves contribuent majoritairement au plagiat (54,29%) et à la perte d’une syntaxe correcte, des règles d’orthographes et de grammaire (45,71%). Comme il peut aussi conduire à perdre l’éthique, à réduire la productivité et la performance chez les apprenants.

Ainsi, l’usage massif des réseaux sociaux peut mettre les apprenants dans une situation de fraude et de tricherie, notamment chez ceux qui ne font pas preuve d’éthique, qui ne respectent pas les codes sociaux de la vie, qui ignorent et nient le savoir-vivre, le savoir-faire et le savoir être. Cet acte de tricherie et de plagiat peut contribuer à perdre les notions de grammaire de syntaxe et d’orthographe, puisque la passion de la connaissance et l’initiative personnelle d’analyse et d’interprétation sont inhibées chez les enquêtés ciblés.

Vérification de l’hypothèse «l’usage massif des applications téléphoniques de communication est un élément menant à la baisse de la crédibilité chez les apprenants Libanais.».

Notre hypothèse suppose que le recours excessif aux applications téléphoniques peut contribuer à perdre la notion de crédibilité chez certains apprenants libanais aux yeux des autres, surtout des enseignants, notamment pendant la classe virtuelle. Les résultats de l’enquête (les réponses des apprenants et des enseignants à certaines questions relatives à la crédibilité) prouvent cette perte.

Les applications téléphoniques mettent les apprenants libanais dans une situation de fraude et de plagiat à travers maints moyens comme: le copiage par le biais du choix du meilleur élève de la classe pour donner la réponse à un exercice via WhatsApp, faire appel à des applications téléphoniques spécifiques à une matière quelconque (telles que Socrate et Photo math pour les maths) qui donnent des réponses rapides et valides sans aucune réflexion, ou bien trouver une réponse à travers les moteurs de recherches comme Google où certains apprenants ont tendance à calquer les informations telles qu’elles sont, sans faire le moindre effort pour les reformuler avec leur propres mots ou style, et sans mentionner la référence. Tous ces actes aboutissent à la perte de la crédibilité chez les jeunes apprenants libanais, ce qui influence leurs compétences langagières, leur réflexion, leur productivité et leur degré d’éthique, non seulement en tant qu’apprenants, mais aussi en tant que citoyens libanais. La propagation de la pandémie Covid-19 a ainsi aggravé la situation de fraude durant la classe virtuelle, surtout que pendant cette classe, l’accès et l’usage des applications téléphoniques ou numériques est maximal, puisque l’enseignement en présentiel est converti en enseignement en ligne.

Conclusion

En guise de conclusion, nous avançons que les réseaux sociaux sont désormais omniprésents dans nos vies, et l’accès aux informations à la portée de tout le monde. Ce qui importe, c’est de les utiliser avec modération et à bon escient. Mais l’accès optimal de la part des apprenants pendant l’enseignement en ligne, durant la pandémie du Covid-19, a rendu les jeunes plus vulnérables et susceptibles aux méfaits du numérique, surtout lorsqu’ils sont exposés à l’écran quotidiennement, pendant des heures. Cette « surexposition » ouvre le champ de la fraude, pour certains apprenants, facilitant la tricherie et le plagiat, ce qui affecte directement leur crédibilité, surtout au regard de leurs enseignants. Or être crédible, c’est faire preuve de dignité, de confiance, de fiabilité et d’authenticité, non seulement envers les autres, mais envers soi-même aussi. Et cette qualité, qu’il faut donc cultiver plus attentivement, accompagne l’apprenant tout au long de son parcours scolaire, comme elle perdure dans sa vie d’adulte, tant au niveau personnel que professionnel.

Bibliographie

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Boudreau, J.P. (2020). Du copier-coller au créacollage numérique: quelques jalons à poser pour contrer le plagiat. En ligne: https://correspo.ccdmd.qc.ca/index.php/document/du-copier-coller-au-creacollage-numerique-quelques-jalons-a-poser-pour-contrer-le-plagiat/

Dhawan, S. (2020). Online Learning: A Panacea in The Time of COVID-19 Crisis. En ligne: https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/0047239520934018

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Rey, A., Tomi, M., Hordé, T et Tanet, C. (2012) Le Robert, dictionnaire historique de la langue française. Paris: Le Robert.

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