INFLUENCE DU TROUBLE DE L’ATTACHEMENT A LA MERE SUR L’EMERGENCE DE L’ANOREXIE MENTALE A L’ADOLESCENCE

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L’INFLUENCE DU TROUBLE DE L’ATTACHEMENT A LA MERE SUR L’EMERGENCE DE L’ANOREXIE MENTALE A L’ADOLESCENCE

CLAUDIA NEHMĒ ABI-HARB*

INTRODUCTION

De tous les troubles psychiatriques, les troubles du comportement alimentaires sont ceux qui entraînent le plus grand nombre de décès. Selon Jean-Louis Pedinielli (2013), l’anorexie touche environ une adolescente sur deux cents dans les sociétés occidentales, et l’évolution serait fatale dans 5 à 10% des cas. L’épidémiologie montre une croissance de l’anorexie mentale au Japon, au Moyen Orient et en Afrique. L’anorexie mentale serait le troisième trouble chronique de l’adolescence après l’obésité et l’asthme.  Loin des statistiques, nous avons essayé de trouver le lien entre l’attachement à la mère durant la première enfance et l’émergence de l’anorexie à l’adolescence.

1- Définition de la théorie de l’attachement de John Bowlby

Parler de l’attachement c’est parler de l’engagement, de l’amour, de l’affection, de la chaleur humaine et même de la loyauté. Dans les années quarante, le psychiatre britannique John Bowlby  a créé le concept de l’Attachement en s’appuyant sur des éléments de l’éthologie, de la psychologie cognitive, de la théorie des systèmes de régulation et de la théorie des relations d’objet. Ces concepts multidisciplinaires mettent tous l’accent sur les schèmes habituels des relations parents-nourrissons et sur l’aspect qualitatif de ces relations. Selon Bowlby, l’Attachement serait le lien affectif et social qu’une personne développe envers une autre. C’est en se basant sur l’observation des enfants placés dans des orphelinats qu’il s’est rendu compte que l’attachement est un aspect crucial pour le bon développement de la personnalité de l’enfant. Pour John Bowlby, la propension à établir des liens forts avec des personnes particulières existe dès la naissance et se maintient tout au long de la vie. Ce besoin d’attachement est un besoin primaire, inné et universel chez tous les humains qui n’exclut aucune race ni culture. Ce phénomène instinctif et biologique accroît les chances de survie du nourrisson en l’incitant à rechercher la proximité avec une personne qui s’occupera de lui. C’est aussi une forme de «compréhension» tacite qui ne s’acquiert ni par raisonnement ni par apprentissage, pour cela l’attachement est  «intuitif». Et c’est parce que l’enfant développe des liens d’attachement multiples selon un ordre d’importance privilégiant généralement sa relation avec sa mère que l’attachement serait un exercice hiérarchique aux effets durables qui se feront sentir toute la vie. L’attachement en effet, se développe à partir de comportements innés tels que les pleurs, la succion, l’agrippement qui permettent au bébé de maintenir la proximité physique et l’accessibilité à la figure d’attachement privilégiée qui est le plus souvent représentée par la mère. Les fonctions de cet attachement sont la protection, le réconfort et la consolation quand l’enfant perçoit des menaces externes ou internes. Dans ce cas, si les réponses de l’entourage sont adéquates au besoin d’attachement de l’enfant, celui-ci développera une base de sécurité et une image positive de lui-même. A partir de cette base de sécurité, de nouvelles compétences apparaissent telle la capacité à se séparer pour explorer l’environnement, la capacité d’attendre une réponse et plus tard de

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Psychologue clinicienne,  psychothérapeute et psychologue scolaire. J’ai fait mes études en psychologie clinique à l’Université Libanaise et j’ai obtenu une licence d’enseignement en psychologie en 2006, puis un Diplôme d’Etudes Supérieures en psychologie clinique en 2007 puis un Diplôme d’Etudes Approfondies en psychologie clinique en 2012. Psychologue certifiée par l’Etat Libanais, j’exerce à plein temps au cabinet privé à Beyrouth et dans un Etablissement Scolaire Collège Notre-Dame de Jamhour depuis 2009. Rédactrice de deux programmes de prévention destinés aux adolescents au Collège Notre-Dame de Jamhour dont «L’Education à la Sexualité» et «le Vivre Ensemble», j’anime également des conférences et je donne des Interviews à la télévision, à la radio et dans les journaux.

répondre à son tour aux besoins d’attachement de l’autre. C’est ce qu’on appelle l’attachement «sécure». Cependant si les réponses de l’entourage aux besoins d’attachement ne sont pas adéquates, la base de sécurité de l’enfant, l’image qu’il a de lui-même, sa confiance en soi et en l’autre ne seront pas satisfaisantes, il  va développer ainsi un attachement «angoissé ambivalent, évitant ou désorganisé.».

Parallèlement à ce qu’on vient de dire, chez tout enfant se déroule un processus «d’individuation et de séparation psychique», qui permet le développement du sentiment de conscience de soi. Ce concept introduit  plus tard par une disciple de Bowlby, Margaret Mahler, distingue nettement la naissance biologique de la “naissance psychologique”. En d’autres termes, si la coupure du cordon ombilical amène une distanciation physique du bébé par rapport à sa mère, le sentiment d’exister comme être individualisé apparaît progressivement. Ce processus de séparation-individuation évolue au gré des différentes acquisitions de l’enfant comme l’utilisation d’un objet transitionnel, le déplacement autonome avec éloignement, la marche, l’exploration de l’espace et des objets, l’utilisation du langage, le jeu symbolique, la découverte de la différence des sexes. L’évolution du processus d’individuation est liée aux réponses de l’entourage et à la qualité de l’attachement mis en place. Autant dire qu’il est indispensable “de bien s’attacher” pour devenir capable de “bien se détacher” ce qui est la voie normale de l’individuation. Quant à Mary Ainsworth, toujours de la même école de John Bowlby, ses travaux ont éclairci le domaine des relations d’attachement et ont donné lieu aux types d’attachement généralement reconnus. Ses expériences appelées «situations étranges» lui ont permis d’observer et de hiérarchiser divers schèmes de comportement (Ainsworth et coll., 1969; Ainsworth et coll., 1971).Grâce au mode d’observation structuré que sont les situations étranges, Ainsworth a étudié le niveau d’équilibre entre les comportements d’attachement et d’exploration adoptés par des tout-petits entre douze et vingt mois soumis à un stress modéré. Elle en a ressorti trois types d’attachement: «sécurisant», «insécure évitant» et «insécure ambivalent».

Les enfants dont l’attachement est «sécure» voyaient leur mère ou la personne qui prenait soin d’eux comme leur base de sécurité pour explorer l’environnement. Après avoir été séparés temporairement de leur mère, c’est la situation étrange, ils souriaient, babillaient et avaient des gestes positifs envers elle à son retour. Ces bébés recherchaient le réconfort de leur mère au moment de la séparation, mais se calmaient facilement dès son retour et reprenaient leurs activités d’exploration une fois rassurés. Le groupe d’enfants «insécures» ou anxieux adoptaient deux schèmes de comportements appelés «évitants» et «ambivalents». Dans le premier cas, l’enfant ne semblait pas avoir développé de base de sécurité. Au moment de la séparation d’avec sa mère, il était peu importuné. Au retour de la mère, il évitait le contact avec elle et s’intéressait davantage aux jouets qu’à sa mère. Les comportements «évitants» ont été observés chez des bébés pleurnichards ou passifs qui paniquaient lors de la séparation mais qui, au retour de la mère, la rejetaient avec rage sans montrer aucun signe de soulagement.

Quelques années plus tard, Mary Main et d’autres chercheurs (1981, 1982, 1985, 1986, 1994) ont ajouté une quatrième catégorie celle des enfants « désorganisés ou désorientés » qui ne réagissaient pas de manière caractéristique ou prévisible à la situation étrange. En présence d’un étranger et d’une source de stress, ces bébés adoptaient régulièrement des comportements désorganisés. Des études longitudinales ont été faites ensuite pour voir les effets de l’attachement à long terme avec les travaux de Isabella et Belski en 1991 qui ont remarqué que les enfants qui ont formé un lien d’attachement sécurisant avaient des interactions mutuellement enrichissantes avec leur mère et vivaient en harmonie (Isabella et Belski, 1991). Les enfants sécurisés étaient plus susceptibles de nouer des amitiés profondes, d’avoir de bonnes compétences interpersonnelles, d’être acceptés par leur groupe de pairs, d’avoir de l’empathie envers autrui et d’être capables de décoder les signaux émotionnels (Leiberman, 1977; Water, Whippman et Sroufe, 1979; Minnesota Parent-Child Project.)

Pour cela, nous pouvons dire que l’harmonie entre la mère et l’enfant durant les premières années de sa vie améliorerait les relations interpersonnelles au sortir de l’enfance et plus tard dans la vie. Alors que les enfants ayant formé un attachement insécure et anxieux ont moins confiance en eux, se fient davantage aux autres pour répondre à leurs besoins et courent un risque accru de dysfonctionnement psychosocial, comme les troubles somatiques, l’isolement social (Lewis et coll., 1984) et les troubles anxieux (Warren et coll., 1997).

Les enfants «évitants» présentaient diverses formes de déficiences sociales : ils se montraient souvent hostiles et agressifs et étaient perçus comme des bagarreurs par leurs camarades (Troy et Sroufe, 1987). Il semblerait d’ailleurs que les enfants évitants et désorganisés couraient plus de risques de connaître des problèmes de comportement durant la petite enfance (Greenberg et coll., 1993). Enfin, Carlson, Chicchetti et leurs collaborateurs (1989) ont découvert que 82 % des enfants ayant subi des mauvais traitements avaient formé des liens d’attachement désorganisé ou désorienté. Dans l’ensemble, les conclusions des recherches menées jusqu’à présent confirment la prémisse de la théorie de l’attachement, c’est-à-dire l’influence indéniable des liens d’attachement durant les premières années de vie de l’enfant sur son développement psychologique ultérieur.

2- Troubles de l’attachement chez l’anorexique mentale

Ce n’est pas par hasard si l’anorexie se déclare à l’adolescence étant donné qu’à l’adolescence la croissance est très rapide et le corps change à un rythme important dès les premiers signes de la puberté. La progression de la taille s’accélère et le poids augmente encore plus rapidement et s’y ajoute l’apparition des signes de maturité sexuelle tout particulièrement avec l’arrivée des premières règles, le gonflement des seins et l’élargissement du bassin. La vie hormonale s’accompagne d’un flot de sensations, d’émotions nouvelles et intenses pas toujours faciles à gouverner. La fille se remet en question, elle a des doutes sur sa valeur personnelle et sur l’image qu’elle donne aux autres. Dans le comportement alimentaire perturbé, la fille anorexique cherche à exposer son insécurité, sa vulnérabilité et sa blessure devant tout le monde. Elle se comporte avec sa mère representée par la nourriture de la même manière dont la maman s’est comportée avec elle quand elle était bébé. C’est-à-dire si la mère est ambivalente, la jeune anorexique se comporterait de la même façon «ambivalente» avec la nourriture. Elle projette sa relation conflictuelle avec sa mère sur l’alimentation. Si la mère est rejetante, la jeune anorexique peut  rejeter complètement la nourriture, elle s’en méfierait même. C’est comme si dans l’anorexie, la nourriture devient désormais l’objet transitionnel à la mère.  Dans son modèle interne opérant, elle n’est pas toujours sure de l’amour ni de la qualité de présence de sa mère alors comme réaction, elle essaie de se méfier de son désir de manger ou de dénier son angoisse à se séparer de sa mère. Quand la pratique du sport devient exagérée, ce ne serait qu’une autre forme de dépendance à la mère ou une forme de compensation ou même une formation réactionnelle à la carence affective. L’activité physique va anesthésier son malaise interne, sa tristesse et sa faim et va lui prouver qu’elle peut contrôler son corps. Même pour la phobie de l’obèsité, c’est peut- être la peur d’être de nouveau envahie par une mère rejetante ou ambivalente. Mara Selvini-Palazzoli dit que l’anorexie est une «paranoïa intrapersonnelle» car l’adolescente anorexique vit une persécution interne qu’elle projette sur la nourriture. Cette persécution vient de loin de sa mère, de son regard même. N’oublions pas que l’enfant interagit avec sa mère à travers ses yeux durant la tétée, moment primordial d’échange et d’amour. Il va introjecter ou bien l’amour ou bien le rejet de la maman. La fille va intérioriser cette expérience, elle va lier le regard de sa mère et l’amour à la nourriture. Ces trois variables lui donneraient la preuve qu’elle est aimée ou par contre rejetée sinon la nourriture n’est qu’un devoir et non pas source de plaisir. Avec l’anorexique, le miroir deviendrait les yeux de la mère et la fille se regardera de la même manière dont sa mère l’a regardée : grosse, laide ou bien aimée et acceptée. Pour cela, le symptôme anorexique emprisonne la fille dans son illusion d’avoir redéfini la relation avec ses parents. Dans ce processus dynamique on peut dire que l’anorexique est angoissée et immensément perturbée. Il y a des anorexiques ambivalentes quand elles se privent de manger mais se jettent après-coup sur la nourriture. Comme il y a des anorexiques restrictifs qui ne mangent quasiment rien. Dans ces deux types d’anorexie, c’est le corps qui subit l’impasse relationnelle et qui en souffre jusqu’à l’agonie.

3- Milieu familial et anorexie mentale

Au cours des quatre dernières décennies, de nombreux cliniciens ont avancé l’existence de  perturbations ou de particularités familiales censées favoriser l’émergence des troubles du comportement alimentaire. Par exemple, on a longtemps pensé que la famille de l’anorexique présentait une structure particulière, caractérisée par un niveau socio-économique élevé, des parents plus âgés que la moyenne, un taux de divorce faible comparé à la population générale et une prépondérance du nombre de filles dans la fratrie. Certains cliniciens d’orientation psychodynamique ont émis l’hypothèse de relations précoces défaillantes entre la mère et la future patiente, qui encourageraient précocement l’enfant à satisfaire les besoins de sa mère au détriment des siens propres.

Cependant, certains pionniers de la thérapie familiale, notamment S. Minuchin et M. Selvini-Palazzoli ont affirmé, dès les années 1960-1970, l’existence d’une famille dite «psychosomatique» ou anorexigène, marquée par l’enchevêtrement relationnel, la surprotection, la rigidité, l’évitement du conflit et une tendance à impliquer la future patiente dans des conflits conjugaux latents. Le symptôme alimentaire permettrait de détourner l’attention familiale de cette mésentente parentale et de maintenir le consensus, protégeant ainsi la famille de tout changement ou de toute séparation. De nombreux thérapeutes familiaux ont adopté cette conception des familles d’anorexiques et proposé un travail familial visant à modifier ces transactions pathogènes. Les familles d’anorexiques se caractérisent par une grande diversité de fonctionnements, souvent non pathologiques, même si elles tendent à montrer plus d’insatisfaction et de détresse que les familles dites normales. La maman de l’anorexique est souvent décrite comme distantes, montrant peu de tendresse. D’autres sont plutôt très possessives voire envahissantes. Leur rigidité et leur recherche de domination familiale cacheraient leur fragilité, leur sentiment de dévalorisation et leurs attitudes dépressives (Jeammet, 1984 ; Kaganski et Remy, 1989). La plainte officielle est construite autour de l’anorexie de sa fille. Mais une autre insatisfaction est latente, celle de ses relations avec son mari où sa famille la conduisent à adopter un rôle de mère, maîtresse de maison et non de femme en tant que telle. Elle est orientée vers le contrôle, jusqu’à des attitudes très intrusives envers les membres de la famille. De manière interactive, le père adopte différents comportements : Il lâche prise progressivement, travailleur, il est absent. Il ne s’oppose pas aux intrusions de son épouse ni à ses reproches relayés parfois par la jeune fille. Dévalorisé, présenté comme incompétent, il coupe progressivement la communication. Plus rarement, le père est autoritaire ou tyrannique (Selvini-Palazzoli et al.1990). Hoffmeyer et Stauber (1986) ont observé que le comportement dominateur peut être attribué aux pères dans la moitié des cas et aux mères dans l’autre moitié. Ils notent la fréquence des comportements de surprotection d’un ou des deux parents : 78% des mères et 44% des pères étaient surprotecteurs. Les traits de personnalité narcissique ou la personnalité narcissique avec un surinvestissement de l’apparence corporelle semblent très fréquents chez eux. Comme si les parents avaient le culte du corps. La dépression aussi est le trouble le plus souvent rapporté chez les parents en particulier chez les mères. Dans tous les cas, pouvoir et autorité réels sont exercés par la maman. La petite fille est témoin de ces dysfonctionnements. Enfant, elle est sage, serviable, bonne élève pour aider sa maman et lui adoucir une vie difficile, elle est l’enfant modèle. En grandissant la jeune fille va avoir deux options : rester petite fille pour renforcer sa maman dans son rôle de mère, ou grandir pour la protéger. Dans les deux cas, il y a dysfonctionnement car la jeune fille ne vit pas son âge. Parfois il y a  un mélange des deux au contact d’une personne souffrant d’anorexie. On a l’impression d’échanger avec une petite fille qui parle comme une grande dame. Des liens inadaptés dans la famille, avec une jeune fille qui contrôle et protège. L’anorexie vient ici garantir un certain équilibre familial : L’anorexie bloque le développement naturel, physique et psychologique de la jeune fille. La fille ne s’émancipe pas, elle conforte la mère dans son rôle et  protège ses parents car le couple parental n’est pas en danger d’effraction du moins immédiatement.  A partir de sa maladie, elle focalise l’attention des parents en dehors de leurs propres problématiques. Mais avec le temps, l’anorexie, se mue souvent en colère envers ces dysfonctionnements familiaux ou du moins devient un témoin de ces difficultés. Dès le début de la maladie, les jeunes filles ne sortent plus, elles travaillent, elles étudient tout le temps. Dans leur tête, il n’y a plus d’images : elles ne rêvent plus sur leurs livres. Elles s’isolent derrière un mur de repli alors qu’elles sont en train de souffrir. C’est ce qui rend l’issue de cette impasse relationnelle très difficile et coûteuse même. Quant à la réaction des parents à la maladie, les réactions sont très diverses, allant de l’indifférence et de la négligence à la surimplication anxieuse et agressive, marquée par une escalade de tentatives de contrôle. Certains parents paraissent dénier l’amaigrissement : par exemple, une adolescente parvient à un amaigrissement extrême avec un œdème important des membres inférieurs sans que les parents paraissent le remarquer. S’ils reconnaissent l’amaigrissement, ils peuvent nier la gravité médicale ou l’existence d’un problème psychologique. Certains parents s’opposent aux soins, refusant l’hospitalisation malgré l’affirmation de la menace vitale par les médecins. Pour d’autres, des souhaits de mort sont perceptibles et peuvent être verbalisés.

4-Etude sur le terrain

Se basant sur notre hypothèse générale que « l’anorexie chez les filles est due à un trouble de l’attachement à la mère dont l’origine remonte à l’enfance, »nous allons prouver dans notre travail de recherche que les adolescentes anorexiques présentent un attachement troublé de type « ambivalent et/ou évitant à la mère » dans un fonctionnement intrafamilial décrit comme possiblement dysfonctionnel en comparaison avec des adolescentes non anorexiques.

Notre variable indépendante est le trouble de l’attachement ou les désordres émotionnels et comportementaux dus à un échec de l’attachement relatif aux besoins primaires lors de la petite enfance; Cette période de vie s’étend de 0 à 3ans, elle est caractérisée par la dépendance de l’enfant à sa mère ou à son substitut et elle est marquée par le développement de relations interindividuelles fortes et durables d’une part et le développement cognitif, moteur et sociale d’autre part. Cette variable est indépendante car on ne peut pas la contrôler au préalable. Alors que les variables dépendantes sont l’anorexie mentale, dont les critères sont mesurables et sont basés sur le DSM-V  dont les symptômes incluent : Une crainte intense de devenir obèse qui ne diminue pas avec la perte de poids. Un trouble de l’image du corps c’est à dire que le sujet se plaint de se «sentir gros» même lorsqu’il est maigre. Une perte d’au moins 25% du poids corporel original. Le refus de maintenir le poids physique supérieur au poids normal minimal pour l’âge et la taille. La disparition des menstruations. Une autre variable dépendante est l’adolescence qui est une période de grande fragilité au niveau psychique où se rejouent différents stades déjà vécus dans la petite enfance, mais également un mouvement de desidéalisation des parents qui plonge l’adolescent dans une perte de repères et une quête d’identité. Ces changements physiques et psychiques impliquent une désorganisation psychologique passagère chez l’adolescent. Nous avons choisi les filles entre 13 et 21 ans. Notre objectif est de prouver que les adolescentes anorexiques présentent un attachement troublé : de type ambivalent et/ou évitant à la mère. Par l’attachement ambivalent nous voulons dire que la fille quand elle était encore bébé et enfant entre zéro et trois ans, n’était pas sure de la disponibilité et de la présence affective de sa mère. Elle est sujet ainsi à l’angoisse de séparation, elle s’accroche à sa mère, se montre angoissée pour explorer le monde. Par l’attachement évitant, l’enfant n’a aucune confiance dans les réponses que sa mère lui fera ; elle s’attend à être repoussée par sa mère lorsqu’elle cherche le réconfort et la protection.

5- Méthodologie

Puisque les individus par leur nature sont tous les mêmes, notre étude est une étude de cas. Nous voulons faire une étude approfondie à partir de cas spécifiques.  L’étude sociodémographique et sectaire de l’anorexie mentale n’était pas notre objectif dans cette recherche.

6- Choix de l’échantillon

Pour pouvoir atteindre les objectifs de notre recherche, notre population se compose de  10 adolescentes, 5 non anorexiques et 5 adolescentes anorexiques de type restrictif qui ont donné leur libre consentement pour participer volontairement à cette étude sans rétribution matérielle. Nous avons utilisé les mêmes instruments d’analyse et de mesure aux deux groupes. Les deux groupes sont appareillés de point de vue âge et niveau d’instruction. L’âge moyen des deux groupes se situe entre 13 et 21 ans. Le niveau d’instruction du groupe d’anorexique se répartit comme suit : 1 fille dans le cycle Complémentaire (classe de 4ème), 3 filles du cycle Secondaire (classe de 2nde et Terminale) et 1fille à l’université (1ère année). Le niveau d’instruction du groupe non-anorexique se répartit comme suit : 1 filles du Complémentaire (classe de 4ème), 3 filles du Secondaire (classe de 2nde, 1ère et terminale) et 1 fille à l’université (3ème année).

Concernant l’Etat civil, les filles dans les deux groupes sont célibataires, elles vivent avec leurs parents. Quant à l’anorexie, nous avons écarté l’anorexie d’origine physique  telle que le cancer, les infections (tuberculose), la tumeur cérébrale, le diabète et l’hyperthyroïdie  pour éviter tout risque de biais au niveau de l’étude comparative entre les deux groupes.

7- Instruments utilisés

Les instruments que nous avons utilisés aux deux groupes étaient:

A- L’anamnèse

L’anamnèse est synonyme d’histoire de la maladie. Elle est la biographie de la personne, elle nous permet de comprendre la genèse du problème. C’est le recueil des renseignements effectués auprès de la personne afin d’obtenir des informations sur sa maladie ou son histoire personnelle. L’anamnèse comporte plusieurs rubriques entre autre l’âge, le rang dans la famille, le poids et la taille, le rythme des menstruations, la situation scolaire ou universitaire, l’inventaire de ses activités et loisirs, le caractère de la personne et ses mécanismes de défense, les problèmes de santé en  famille  (antécédents parentaux, décès) ainsi que la dynamique des relations.

B- Le Family Apperception Test

C’est un test projectif élaboré par Sotile et Al. en 1988 composé de 21 planches mettant en scène des situations, des constellations et des activités familiales habituelles. Le système de cotation du FAT utilise les concepts fondamentaux des théories systémiques pour donner des informations structurées sur le fonctionnement transactionnel de la famille. Le FAT ressemble aux autres techniques projectives mais la consigne met l’accent sur l’évocation d’un cadre de référence cognitif et affectif centré sur la famille. Les questions se réfèrent aux différents aspects de quatre variables systémiques : Conflit apparent, résolution du conflit, définition des limites et modalités relationnelles. Ce test permet de susciter un large éventail d’associations projectives sur les processus et les structures familiales ainsi que des réactions affectives en rapport avec des interactions familiales spécifiques entre l’adolescente anorexique et ses parents. Il nous permet de vérifier la qualité des relations entre la fille et sa mère d’une part et entre la fille et son père d’autre part de sorte que nous précisons le profil de la mère.

C- L’entretien clinique

L’entretien n’avait pas de but diagnostique ou thérapeutique. Les sujets étaient informés que les entretiens étaient à visée de recherche. Nous avons adopté l’entretien semi-dirigé, pour permettre aux filles de s’exprimer le plus librement possible et d’aller à la profondeur de soi-même. Nous avons élaboré l’entretien semi-directif passé aux deux groupes à partir d’entretiens informels sur leur relation avec leur corps, leur famille, leurs amis, leurs intérêts.  Les thèmes de l’entretien semi-dirigé sont les suivants :

– Relation aux parents quand la fille était trop petite. (Aux deux groupes).

– Relation à la mère entre 0 et 5ans. Représentations de la fille vis-à-vis de sa mère. (Aux deux groupes).

– Relation à la mère entre 6 et 12ans. Représentations de la fille vis-à-vis de sa mère. (Aux deux groupes).

– Relation au père entre 0 et 5ans. Représentations de la fille vis-à-vis de son père. (Aux deux groupes).

– Relation au père entre 6  et 12ans. Représentations de la fille vis-à-vis de son père. (Aux deux groupes).

– Image du corps : tel que la personne se voit et se décrit elle-même (Aux deux groupes).

– Proximité affective : de qui la personne se sent-elle la plus proche (Aux deux groupes).

– La tristesse: Qu’est ce qui rendait la fille triste quand elle était enfant et comment elle réagissait (Aux deux groupes).

– La séparation et la peur de la séparation (Aux deux groupes).

– La solitude : S’il lui est arrivé de se sentir seule ou délaissée (Aux deux groupes).

– La possibilité d’avoir perdu une personne ou d’avoir vécu un événement traumatisant dans le passé (Aux deux groupes).

– La relation actuelle avec les parents et les représentations actuelles de la personne vis-à-vis de ses parents (Aux deux groupes).

– La relation avec la nourriture (Aux deux groupes).

– L’imagination : le fait de s’imaginer devenu parent à son tour et le comportement avec son enfant imaginaire. (Aux deux groupes).

L’entretien nous a permis d’analyser le discours des adolescentes pour prouver que les filles anorexiques ont un attachement ambivalent et/ou évitant à leur mère en comparaison avec les adolescentes non anorexiques.

D- Procédures 

Nous avons fait plusieurs séances de 60 minutes chacune (cinq séances en moyenne) avec chaque fille. Les filles anorexiques se montraient plus anxieuses et méfiantes que les filles non anorexiques. Quant aux mécanismes de défense, les filles anorexiques étaient toutes dans le déni face à leur trouble alimentaire.  Nous avons commencé par l’anamnèse, le FAT puis par l’entretien. Nous avons bien sûr changé les prénoms par souci de confidentialité.

8- SYNTHESE GENERALE

D’après les résultats de notre étude, il s’est avéré que les filles anorexiques avaient un vrai problème d’attachement à la mère. La maman est pour la majorité des anorexiques une femme froide et distante. L’attachement est de type évitant et/ou ambivalent à dominance agressive exercé par la mère sur sa fille. Alors que les filles non-anorexiques avaient un bon attachement à leur mère, le lien est basé sur l’amour et la communication entre les deux. L’image de la mère pour les filles anorexiques est celle de la mère autoritaire, sévère et dominatrice, dépressive, frustrée, qui a des problèmes non résolus avec son mari. A la différence des filles non-anorexiques qui trouvaient que leurs mères étaient affectueuses et chaleureuses, elles étaient en bon terme avec leur conjoint. Nous avons trouvé que la relation au père chez les filles anorexiques est en majorité distante pour des raisons diverses que ce soit pour le travail ou par manque d’affection ou parce que le père n’est pas impliqué dans la famille, physiquement ou affectivement. Il y a deux filles anorexiques qui ont trouvé leur père affectueux et compréhensif mais il échouait à les protéger de l’emprise de leur mère. Alors que chez les filles non-anorexiques, la relation avec le père était bonne, basée sur l’amour et la compréhension. Le père avait sa place dans la famille et il aidait sa femme à jouer son rôle de mère. Aussi les mères des filles anorexiques (dont trois cas) avaient peut-être un trouble du comportement alimentaire : une mère était obèse et une autre boulimique et une femme disait qu’elle était comme sa fille quand elle avait son âge. Ce problème intergénérationnel ciblé sur la nourriture touchait les mères et leurs filles, la nourriture était le terrain de conflit, le moyen privilégié de communication déficitaire entre la mère et sa fille. Nous avons remarqué aussi que les filles anorexiques n’étaient pas du tout satisfaites de leur corps, plus que les filles non-anorexiques. C’est ce qui explique en partie la dysmorphophobie des anorexiques qui se voient grosses alors qu’elles sont très maigres. Nous avons remarqué aussi que les filles anorexiques avaient leur propre monde, elles étaient distantes de tout le monde et repliées sur elles-mêmes à la différence des filles non-anorexiques sociables. Aussi les filles anorexiques se sentaient toujours seules ou délaissées à la différence des filles non-anorexiques parce que leurs mères n’étaient pas proches, elles étaient froides. Par contre, nous avons remarqué que les deux groupes avaient des points en commun devant la tristesse. Cette tristesse ne distingue pas les anorexiques des autres filles car le spleen existe chez presque tous les adolescents, c’est lié au deuil de l’enfance, la remise en question et la recherche de soi. Pourtant, Les filles anorexiques qui ont donné une réponse imprécise ou qui n’ont pas répondu à la question liée à la tristesse sont celles qui étaient les plus alexithymiques. Nous avons trouvé que toutes les filles anorexiques restrictives n’aimaient pas manger, elles se forçaient à mettre quelque chose dans la bouche,  à la différence des non-anorexiques qui n’avaient pas ce problème. Nous avons trouvé à la fin que les filles anorexiques avaient un problème avec le style éducatif des parents ou leur autorité. La majorité des filles anorexiques de notre échantillon étaient obéissantes à leurs mères. Leur obéissance était une forme de soumission pour gagner l’amour, à la différence des filles non-anorexiques qui avaient aussi des problèmes relationnels avec leurs parents mais liés à un autre contexte.

En guise de conclusion, nous avons trouvé que l’attachement familial était un fondement indispensable pour la structuration de la personnalité surtout que la famille constitue la première cellule de vie qui détermine une grande partie des chances de réussite des enfants dans leur parcours vers l’épanouissement personnel et l’autonomie sociale. Comme le dit Paul Osterrieth, «pour le meilleur et pour le pire, chacun de nous transporte en soi sa famille originelle, en tant qu’ingrédient, en tant que constituant de son organisation comportementale propre, tantôt comme un poids et une source de limitations, tantôt au contraire comme une force et une richesse.»

En conséquence, avant même de devenir anorexique, les adolescentes en difficulté avaient un problème de famille; avant d’être mal dans sa peau, la jeune anorexique souffrait en silence dans sa famille. Son attachement à sa mère est perturbé depuis sa naissance, un attachement évitant et/ou ambivalent. Nous avons remarqué combien les parents surtout les mères exerçaient un grand pouvoir sur leurs filles : une emprise physique, psychologique, morale et même sociale. Même le corps, tant dans son fonctionnement que dans son apparence, dépendait fortement de l’hérédité transmise par la mère ou de son histoire personnelle. L’image de soi, la confiance en soi, la façon d’entrer en contact avec les autres, de gagner ou de perdre, d’aimer ou de détester, de dominer ou d’être dominé, dépendait fortement des modèles relationnels que la fille avait acquis au contact de ses parents surtout avec sa mère durant son enfance. Voilà pourquoi l’attachement à la mère est un ingrédient central dans la structuration de la personnalité. Si manger c’est parler, chez l’anorexique, il y a quelque chose qui ne veut pas parler, la parole est amputée. Le refus de la nourriture serait un refus de communiquer avec la mère ambivalente ou rejetante. La nourriture serait un objet transitionnel à la mère ou un moyen de communication déficitaire.  Autrement dit, quand la fille refuse de manger, elle transmet un message à sa mère. C’est comme si elle lui disait  j’ai peur de ton emprise et de ton rejet et je me défends en rejetant la nourriture au lieu de te rejeter. Enfant, l’anorexique  qui a un attachement évitant à sa mère a grandi dans un monde qui n’était pas à son écoute, un monde qui ne lui était pas sensible, ce qui fait qu’à l’adolescence, elle s’est construit un monde à part, loin des autres. Elle est devenue impuissante parce que ses tentatives de se rapprocher de sa mère étaient constamment vouées à l’échec. L’anorexique ambivalente était une enfant qui parlait, qui se mouvait mais qui ne recevait pas de réponses adéquates de la part de sa mère ambivalente dans son amour ; elle a appris désormais que c’était inutile de demander de l’aide aux autres et d’exprimer ses émotions. C’était une enfant qui pleurait mais sa mère n’arrivait pas à calmer sa détresse. Elle a appris à ne plus pleurer parce que pleurer ne lui donnait pas ce qu’elle cherchait qu’est l’amour et la compréhension ou le «holding» de maman. Pour cela, quand elle n’arrivait plus à exprimer ses maux par des mots, son corps a pris la relève. Le corps a appris à somatiser.

Ce travail avait eu pour objectif de porter une attention particulière aux facteurs pouvant influencer le développement de l’anorexie mentale à l’adolescence. Le type d’attachement serait un facteur prédictif qui exercerait une influence tout au long de la vie des individus. Nous avons trouvé que les filles anorexiques de notre échantillon avaient un attachement ambivalent et évitant à leurs mères en réponse à l’ambivalence et au rejet de ces dernières. Pour cela, il nous semblerait enrichissant de travailler plus tard avec les mères de ces filles anorexiques afin de les aider à sortir de leurs impasses, pour qu’elles puissent à leur tour aider leurs filles à sortir de l’anorexie.

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