LE DESSIN DU BONHOMME CHEZ LES ENFANTS BÈGUES

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LE DESSIN DU BONHOMME CHEZ LES ENFANTS BÈGUES

Dr. Viviana LAHOUD([1])

RÉSUMÉ

Notre étude cherche à pallier le manque d’information sur le dessin du bonhomme chez les enfants bègues libanais. Elle se centre sur l’étude des caractéristiques qui peuvent exister dans les dessins du bonhomme des enfants bègues libanais âgés entre 4 et 10 ans. Le test du dessin du bonhomme de J. Royer a été utilisé dans le but d’examiner nos hypothèses. L’analyse des dessins du bonhomme dessinés par nos sept études de cas d’enfants bègues libanais révèle des caractéristiques relatives aux éléments qui se rapportent au schéma corporel, au graphisme et à la personnalisation.

MOTS-CLÉS: enfants bègues libanais – test du dessin du bonhomme – schéma corporel – graphisme – personnalisation.

INTRODUCTION

Depuis toujours le dessin du bonhomme fait partie des modes d’expression et de communication chez les enfants en difficulté. Qu’en est-il des enfants bègues ? Le dessin est un langage, il permet d’exprimer l’indicible. L’inexplicable, l’unique, et d’en dire l’intensité et toutes les nuances, à travers la composition dont les modalités peuvent être d’une variété quasi infinie. S’il n’y a qu’un seul mot juste, il y a une multitude de façons d’exprimer ce mot par le dessin (Royer, 2018). Anne-Marie Simon écrit en 2017: «on ne nait pas bègue, on le devient». Ajuriaguerra (1970) définit le bégaiement comme: «un trouble de la réalisation du langage qui se caractérise par des répétitions ou des blocages entraînant une rupture du rythme et de la mélodie du discours». Dans le cadre de notre étude, la problématique à laquelle nous tentons d’apporter une réponse: quelles sont les caractéristiques retrouvées dans le dessin du bonhomme chez les enfants bègues libanais ? Nous postulons les hypothèses suivantes:

H1: La représentation du schéma corporel du bonhomme est une caractéristique chez les enfants bègues libanais dans le test du dessin du bonhomme.

H2:  Le graphisme du bonhomme reflète une caractéristique chez les enfants bègues libanais dans le test du dessin du bonhomme.

H3: L’attribution d’une identité au bonhomme constitue une caractéristique chez les enfants bègues libanais dans le test du dessin du bonhomme.

PARTIE THÉORIQUE

Luquet (1998) est l’un des premiers à s’intéresser aux dessins des enfants. Il affirme: «l’enfant dessine pour s’amuser. Le dessin est pour lui un jeu comme les autres et qui s’intercale parmi eux». Et il poursuit: «à travers son dessin l’enfant représente son schéma corporel et ce qui fait partie de son expérience et ce qui s’est offert à sa perception». Pour Marvaud (2012): «le schéma corporel est l’idée que les enfants se font de leur identité physique, psychologique et sociale. Il est lié à la perception qu’ils ont de leur propre corps, à l’estime de soi, à la façon dont ils se jugent». Il ajoute que «la perception que les enfants ont d’eux-mêmes est déformée par leurs émotions, leurs souvenirs d’enfance et le regard de l’autre». Chez les enfants bègues, dès le plus jeune âge, le regard de l’autre est perçu de façon négative. L’autre est vécu comme un juge dont le regard est figé sur les difficultés de parole. Selon Jeannerod (2010), le schéma corporel est définit comme une «représentation permanente et spatiale du corps». Les enfants bègues ont une difficulté de conceptualisation entraînant un retard au niveau de la structuration de leur schéma corporel. Tandis que Royer (1977) note que le dessin du bonhomme évolue selon l’âge des enfants: bonhomme «têtard» (3ans), «têtard» détaillé (4ans), apparition du tracé (5-6ans), bonhomme articulé complet (6ans), bonhomme équilibré, structuré et cohérent (8-12ans). Le dessin du bonhomme renseigne sur la manière dont les enfants se projettent dans leur dessin, représentent leur schéma corporel et réalisent leur dessin. Selon l’approche de Royer (1977) le graphisme passe par cinq stades principaux communs à tous les enfants: le stade préliminaire ou gribouillage moteur (1 à 3ans), le stade du dessin éparpillé (4 à 6ans), le stade du dessin localisé (6 à 8ans), le stade du dessin temporalisé à l’âge (9 à 11ans) et le stade critique (12-13ans). Et Luquet (1998) considère le graphisme une activité motrice qui met en jeu l’ensemble du corps des enfants bègues. La sémiologie du bégaiement a des éléments qui sont en lien avec leur motricité et donc leur graphisme.

Dans son livre «Etre bègue», Pfauwadel (2016) établit une liste des comportements moteurs rencontrés chez les enfants bègues: au niveau du visage ; une dilatation du nez, un froncement des sourcils, des tremblements des lèvres…et au niveau du tronc et du corps ; une avancée de la tête, un soulèvement des épaules, des gestes des mains ou des pieds…et aussi une respiration perturbée. Egalement, d’autres manifestations physiques comme les syncinésies, les tics, les troubles du tonus, du regard, de la posture, de la mimique et de la gestualité se retrouvent chez les enfants bègues (Aubin, 2000). De plus, May (2001) dans son livre «Dé-jouer les mots» décrit une certaine inhibition en matière de production graphique chez les enfants bègues. Ils refusent de dessiner ou lorsqu’ils acceptent, ils ne tracent que des formes géométriques abstraites. Leur dessin du bonhomme est peu expressif.

Cependant, Royer (2011) dévoile que les premiers bonhommes dessinés par les enfants ne sont pas sexués. C’est à partir de 9ans que le sexe du bonhomme est présent. Il décrit des éléments primordiaux qui donnent au bonhomme son identité comme la tête, le visage, le cou et le vêtement. La tête et le visage contiennent tous les organes essentiels à la communication avec autrui (bouche, yeux, oreilles). La taille de la tête est en lien avec le degré de valorisation accordé au personnage dessiné. Le cou a une signification selon son épaisseur. Un cou étroit révèle des enfants souffrant des difficultés respiratoires tandis qu’un cou épais est signe d’une certaine brutalité. L’habillement du bonhomme représente le rapport social des enfants avec le monde externe. Il permet d’identifier le sexe du bonhomme ainsi que le rôle qu’il lui est attribué. Sans oublier, la bouche qui est l’organe clé de la communication. Dans le dessin du bonhomme, la bouche est «très riche de signification» (Royer, 2011). Avec les yeux, elle donne toute son expression au visage du bonhomme: rieuse ou triste, effrayante ou infantile…Leur taille marque l’expansivité du dessinateur ; et les oreilles reflètent par leur dimension la curiosité des enfants par rapport au monde qui les entoure.

D’après Baldy (2010), les cheveux permettent d’identifier le sexe du bonhomme ; vient ensuite les vêtements qui renforcent cette identité sexuelle. La tendance à personnaliser complètement le bonhomme: princesse, maîtresse…augmentent avec l’âge des enfants mais reste tout de même rare. Par contre, Thoulon-page (2013) décrit que les enfants tendent à considérer que le bonhomme est un personnage masculin d’après la consigne qui leur est donnée. Et quelle que soit la consigne, les enfants dessinent majoritairement des bonhommes de même sexe qu’eux. Tandis que, Lefebure (2006) s’accorde que l’âge du bonhomme correspond à l’âge du dessinateur. Les enfants dessinent un bonhomme du même âge ou un peu plus âgé qu’eux, dans des rares cas, les enfants qui dessinent un personnage plus jeune qu’eux marquent un signe de régression. Pour Royer (2011), la couleur révèle le noyau affectif le plus profond de la psyché. Les enfants bègues n’utilisent que quelques couleurs alors que les enfants bien adaptés utilisent une variété de couleurs. Widlöcher (2014) considère que les couleurs neutres se retrouvent chez les enfants bègues qui reflètent une certaine agressivité et une tendance au retrait. L’utilisation du noir est liée à l’anxiété, à la peur et aux comportements dépressifs. Le violet est témoin des tensions conflictuelles vécues par ces enfants.

Pour conclure, le dessin du bonhomme est «une forme d’expression, un langage sans parole» (Greig, 2000). De ce fait, nous l’avons choisi dans notre étude pour pouvoir détecter les caractéristiques chez les enfants bègues libanais liés à leur schéma corporel, à leur graphisme et à leur personnalisation dans le dessin du bonhomme.

PARTIE PRATIQUE

Méthodologie

Dans l’objectif de vérifier nos hypothèses, nous avons choisi comme instrument de mesure le test du dessin du bonhomme de J. Royer (1997) pour enfant de 3 à 13 ans.

Le matériel mis à disposition de l’enfant est un crayon noir, une gomme, un taille-crayon, sept crayons de couleur: bleu, rouge, jaune, vert, violet, marron, noir, une feuille de papier blanc A4 présentée verticalement.

La consigne donnée à l’enfant: “sur cette feuille de papier, tu vas dessiner un bonhomme, aussi beau que possible et, si tu le veux, tu le colories”. Puis, le psychologue laisse l’enfant procéder librement. Si l’enfant hésite, il peut l’encourager: “c’est bien, continue”. Si l’enfant pose des questions sur la façon de procéder, le psychologue peut répondre: “fais comme tu veux, comme tu en as envie et ce sera bien”. L’enfant doit être libre de ses choix concernant l’emplacement du dessin sur la feuille, de ses dimensions, le sexe du bonhomme et les attributs qu’il lui assigne. Il  peut également refuser d’utiliser la couleur. Il dispose du temps dont il a besoin.  Alors que l’enfant dessine, le psychologue observe sa manière de procéder. Il relève ses commentaires et son attitude non verbale (posture, regard, mimique…). Il est attentif à l’utilisation qu’il fait de la gomme et du choix des couleurs.

La cotation du dessin du bonhomme se fait à l’aide d’une feuille de notation du bonhomme (analyse quantitative) qui en étudie de manière détaillée la tête, le schéma corporel et les vêtements pour évaluer la maturité de l’enfant. L’analyse qualitative prend en compte le comportement de l’enfant lors de la passation (attitude, remarques, mimiques, temps passé…). Les aspects globaux du dessin sont étudiés (emplacement sur la feuille, dimensions, utilisation des couleurs…). Une attention particulière est portée à la personnalisation du dessin (âge, sexe, identité) ainsi qu’à l’expression du bonhomme et à l’environnement dans lequel il se trouve.

L’échantillon: notre étude est menée dans un cabinet d’orthophonie auprès de sept enfants bègues libanais. Ils sont âgés entre 4 et 10 ans et ils suivent une rééducation orthophonique. La passation du test a été réalisée en l’an 2020-2021 après avoir pris l’accord des parents.

ANALYSE DES RÉSULTATS

Nous allons présenter les sept études de cas en analysant leurs dessins du bonhomme.

Cas 1:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 4ans 2mois en moyenne section. Il présente un bégaiement depuis l’âge de 2ans 6mois et il suit une rééducation orthophonique depuis 6mois. Analyse quantitative: l’échelle de maturité montre un enfant qui a peu de connaissance de son schéma corporel. Il se situe en dessous de la moyenne par rapport aux enfants de son âge. Il n’a dessiné que trois éléments de son schéma corporel: tronc, tête, yeux. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant essaie de dessiner avec calme mais n’arrive pas. Il efface son dessin à maintes reprises en chantant. Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé en haut de la feuille et à gauche, zone de «l’imaginaire». Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. Le bonhomme a une petite taille par rapport à l’espace de la feuille et le vide prédomine. Ce qui reflète un manque de confiance. La feuille s’est froissée à cause des gommages multiples marquant une hésitation ou une agressivité latente. L’utilisation de la couleur: l’enfant utilise deux couleurs: le violet révélant une tristesse, une anxiété et une angoisse. Le gris qui est une couleur peu expressive dénote une difficulté d’expression des sentiments. Les caractéristiques du trait: les traits sont trop appuyés, repassés et sont exécutés avec une lenteur. Les formes arrondies dominent. L’enfant fait une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme têtard», retrouvé chez les enfants âgés de 3ans d’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977). Le bonhomme a une tête aplatie avec des petits yeux. Le tronc plus petit que la tête est de forme ovale. Le bonhomme n’affiche aucune expression et il est dépourvu de la bouche. Dans son environnement, il n’y a rien autour du bonhomme. Personnalisation du dessin: le bonhomme est nu mais ni le sexe et ni l’âge ne sont reconnaissables. L’enfant nous dit que le bonhomme dessiné est son père. «Il m’aime beaucoup et ne me frappe pas. Il m’aide quand je n’arrive pas bien à parler. Il me défend toujours».

Cas 2:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 5ans 7mois en moyenne section. Il bègue depuis l’âge de 3ans et il suit une rééducation orthophonique depuis 1an. Analyse quantitative: l’échelle de maturité situe l’enfant en dessous de la norme par rapport aux enfants de son âge. Il a peu de connaissance de son schéma corporel. Il n’a dessiné que quatre éléments des parties du corps: tronc, tête, yeux, jambes. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant reste silencieux en dessinant son bonhomme. Il prend soin de son coloriage. Il n’arrête pas de se remuer sur sa chaise en balançant les pieds. Il semble hésitant en effaçant les jambes dessinées du bonhomme à plusieurs reprises. Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. Le bonhomme est de taille très petite, minuscule par rapport à l’espace de la feuille. La taille du bonhomme pour J. Royer (1977) est révélatrice de la valorisation de soi chez l’enfant. Ce qui reflète une mauvaise estime de soi et des sentiments d’infériorité. La feuille s’est froissée à cause des gommages multiples marquant une hésitation ou une agressivité latente. L’utilisation de la couleur: la couleur prédominante est le noir exprimant une anxiété, un deuil ou une tristesse. Les caractéristiques du trait: les traits sont peu soignés et sont exécutés avec une impulsivité. Les formes arrondies dominent. L’enfant ne fait pas une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme têtard, détaillé», retrouvé chez les enfants âgés de 4ans d’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977). Le bonhomme a une grosse tête ronde avec des petits yeux. Le tronc plus petit que la tête est de forme ovale. Les jambes sont longues, signe typique des enfants actifs selon Royer (1977). Le bonhomme ne donne pas une impression de gaité. La bouche est absente du dessin. Le nez qui est normalement présent dans les dessins du bonhomme vers l’âge de 5ans est absent du dessin. Dans son environnement, il dessine un soleil coloré en jaune symbole paternel (Royer, 1977).

Personnalisation du dessin: le bonhomme est nu mais ni le sexe et ni l’âge ne sont reconnaissables. L’enfant nous dit que le bonhomme qu’il a dessiné est son père. «Il est très grand et très fort. Il ne me gronde pas et m’encourage tout le temps. Il gronde ma sœur quand elle s’énerve contre moi car je ne parle pas bien».

Cas 3:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 6ans 4mois en grande section. Il bègue depuis l’âge de 3ans et il suit une rééducation orthophonique depuis 9mois. Analyse quantitative: l’échelle de maturité évalue ses connaissances du schéma corporel comme étant inférieur à la moyenne par rapport aux enfants de son âge. Il a peu de connaissance de son schéma corporel. Il n’a dessiné que six éléments des parties du corps: tête, yeux, cheveux, tronc, bras, jambes. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant dessine son bonhomme calmement et en souriant. Il prend son temps à dessiner et à colorier. Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. Le bonhomme est de taille petite par rapport à l’espace de la feuille marquant une certaine dévalorisation de soi (Royer, 1977). L’utilisation de la couleur: il a utilisé deux couleurs prédominantes. Le vert exprimant l’espoir, la communication mais aussi la colère ou la révolte. Le gris est une couleur peu expressive symbolise la difficulté d’expression des sentiments. Les caractéristiques du trait: les traits sont très appuyés. Le tracé exprime une certaine brutalité. Les formes arrondies dominent. L’enfant ne fait pas une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique est peu contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme éparpillé», retrouvé chez les enfants âgés de 4 à 6ans d’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977). Le bonhomme a une grosse tête ronde par rapport au reste du corps avec des petits yeux. Les cheveux sont longs et frisés comme ceux de sa grande sœur. Le tronc plus petit que la tête est de forme ovale. Les bras sont très courts signent le manque des relations avec autrui. Le vêtement est coloré en vert: il s’agit d’une robe. Les jambes sont courtes marquent un manque de dynamisme selon Royer (1977). Le visage du bonhomme affiche une neutralité. La bouche est absente du dessin. Le nez qui est normalement présent dans les dessins du bonhomme vers l’âge de 5ans est absent du dessin. Dans son environnement, il dessine des nuages colorés en gris indiquant l’inquiétude et une maison marquant l’attachement à la famille (Royer, 1977). Personnalisation du dessin: le sexe du bonhomme est reconnaissable grâce aux longs cheveux. L’enfant nous dit que le bonhomme qu’il a dessiné est sa grande sœur. «Il est très attaché à elle car elle l’aime beaucoup, elle joue avec lui et elle frappe les enfants qui se moquent de lui».

Cas 4:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 7ans 8mois en EB1. Il a commencé à bégayer dès l’âge de 2ans et depuis ce temps il est suivi par une orthophoniste. Analyse quantitative: l’échelle de maturité situe l’enfant dans la moyenne basse par rapport aux enfants de son âge. Il semble ne pas avoir une connaissance suffisante de son schéma corporel. Il n’a dessiné que huit éléments des parties du corps: tête, nez, yeux, cou, bras, mains, doigts, jambes. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant dessine son bonhomme en silence et avec minutie. Il prend soin de son coloriage. Il prend son temps pour achever son dessin. Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Cet emplacement montre une régression et une tendance à l’introversion avec un évitement de la réalité. La taille du bonhomme est petite par rapport à l’espace de la feuille et le vide prédomine. Cette dimension de taille dévoile un manque de confiance et une faible estime de soi (Royer, 1977). L’utilisation de la couleur: la couleur prédominante est le violet symbole de la tristesse, de l’anxiété, de l’angoisse, du besoin de solitude ou encore de l’agressivité. Les caractéristiques du trait: les traits sont soignés et sont exécutés avec soin. Les formes arrondies dominent. L’enfant ne fait pas une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme têtard, détaillé», retrouvé chez les enfants âgés de 4 à 6ans d’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977). Le bonhomme est primitif par rapport à l’âge de l’enfant qui dénote une difficulté d’appréhension du schéma corporel. Les autres éléments du corps sont très simplifiés et parfois disproportionnés. Les membres inférieurs et supérieurs sont bien réalisés mais très petits marquant un manque d’ouverture vers l’extérieur. L’expression du bonhomme est neutre. Dans son environnement, il n’a rien ajouté au dessin du bonhomme. Personnalisation du dessin: le bonhomme est nu mais ni le sexe et ni l’âge ne sont reconnaissables. L’enfant nous dit que le bonhomme qu’il a dessiné est son grand frère. «Il est fort, il me défend et il tape les enfants qui se moquent de moi».

Cas 5:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 8ans 7mois en classe d’EB2. Il bègue depuis l’âge de 2ans 8mois et il suit une rééducation orthophonique depuis 5ans. Analyse quantitative: l’échelle de maturité situe l’enfant en dessous de la moyenne par rapport aux enfants de son âge. Il a peu de connaissance de son schéma corporel. Il a dessiné très peu d’éléments des parties du corps par rapport à son âge. Il y a six éléments des parties du corps: tête, tronc, yeux, bras, jambes, cheveux. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant réalise son bonhomme calmement et avec persévérance. Une fois terminé son dessin, il le regarde avec plaisir et ajoute les cheveux. Analyse des caractéristiques graphiques:

L’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. Le bonhomme est de taille très petite, minuscule par rapport à l’espace de la feuille. La taille du bonhomme pour J. Royer (1977) est révélatrice de la valorisation de soi chez l’enfant. Ce qui reflète une mauvaise estime de soi et des sentiments d’infériorité. L’utilisation de la couleur: une fois que son dessin est achevé, l’enfant préfère ne pas le colorier et le garder tout en blanc. Cette couleur marque le vide, la neutralité et la froideur. Les caractéristiques du trait: les traits sont précis et sont exécutés avec une certaine sureté. Les formes arrondies dominent. L’enfant ne fait pas une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme localisé», retrouvé chez les enfants âgés de 6 à 8ans d’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977). Le bonhomme a une petite tête ronde avec des grands yeux. Le tronc plus grand que la tête est de forme ovale. Les membres inférieurs et supérieurs sont disproportionnés. Le bonhomme donne une impression de tristesse et les yeux ont un regard vide et lointain. La bouche est absente du dessin. Dans son environnement, il dessine une pluie avec des gros nuages dévoilant les sentiments de tristesse, de mélancolie et du retrait. Personnalisation du dessin: le bonhomme est reconnaissable grâce à ses cheveux très courts et pointus. L’enfant attribue au bonhomme l’identité de son grand-père. «Il joue avec moi et gronde les enfants qui se moquent de moi. Aussi, il ne laisse pas mes parents me gronder quand je bègue».

Cas 6:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 9ans 6mois en classe d’EB3. Il bègue depuis l’âge de 3ans et il suit une rééducation orthophonique depuis 4ans. Analyse quantitative: l’échelle de maturité situe l’enfant en dessous de la norme par rapport aux enfants de son âge. Il a peu de connaissance du schéma corporel. Il n’a dessiné que six éléments des parties du corps: tronc, tête, yeux, cou, mains, jambes. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant a mis du temps pour dessiner son bonhomme. Il l’a effacé à plusieurs reprises signifiant l’hésitation. Il bougeait sans arrêt et il faisait tomber les crayons de couleur par terre.  Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. La taille du bonhomme est petite révèle une tendance à l’introversion et le manque de communication avec autrui. La feuille s’est froissée à cause des gommages multiples marquant une hésitation ou une agressivité latente. L’utilisation de la couleur: les deux couleurs prédominantes sont le gris et le marron. Le gris est source d’angoisse et d’insécurité. Le marron évoque la contrainte, la révolte ou encore la dévalorisation. Les caractéristiques du trait: les traits sont peu précis et sont exécutés avec une impulsivité. Les formes arrondies dominent. L’enfant fait une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme peu équilibré, non structuré et peu cohérent». D’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977), l’enfant à partir de 8ans son bonhomme doit être équilibré, structuré et cohérent. Le bonhomme est composé d’une grosse tête ronde avec des grands yeux représentés par des gros points noirs. Le tronc est petit. Le cou est très épais ce qui révèle une certaine brutalité. Les jambes sont longues, signe typique des enfants actifs selon Royer (1977). Les mains sont très grandes signent du désir à communiquer.  Le bonhomme exprime la sévérité avec un regard dur. Le visage a un air affreux et qui fait peur. La bouche est absente du dessin ainsi que le nez. Dans son environnement du bonhomme, il dessine un ciel coloré en gris avec des gouttelettes de pluie et un sol coloré en marron. Personnalisation du dessin: le bonhomme est nu mais ni le sexe et ni l’âge ne sont reconnaissables. L’enfant répond avec agressivité qu’il ne sait pas qui est le bonhomme dessiné ; puis après il déclare ma maîtresse de français. «Je l’aime car elle ne se moque pas de moi quand je parle, elle punit les enfants qui rigolent et elle me fait participer en classe».

Cas 7:

Eléments d’anamnèse: l’enfant est âgé de 10ans 9mois en classe d’EB4. Il bègue depuis l’âge de 4ans et il suit une rééducation orthophonique depuis 4ans. Analyse quantitative: l’échelle de maturité situe l’enfant en dessous de la norme par rapport aux enfants de son âge. Il présente une faible connaissance du schéma corporel. Il n’a dessiné que huit éléments des parties du corps: tête, yeux, nez, cheveux, cou, bras, mains, jambes. Analyse qualitative: comportement de l’enfant lors de la passation: l’enfant dessine son bonhomme avec rapidité. Il colorie son dessin en appuyant très fort sur le crayon de couleur. Analyse des caractéristiques graphiques: l’utilisation de l’espace graphique: le dessin effectué flotte dans l’air. Le bonhomme est situé dans la partie médiane haute de la feuille, zone de «l’imaginaire» et à gauche. Ce qui signifie un certain repli sur soi, une tendance à la rêverie et une régression. Le bonhomme est de taille petite par rapport à l’espace de la feuille et le vide prédomine. L’utilisation de la couleur: la seule couleur prédominante est le rouge symbole de l’agressivité et de l’impulsivité. Les caractéristiques du trait: les traits sont peu soignés et sont exécutés avec une impulsivité. Les formes arrondies dominent. L’enfant ne fait pas une pause entre les différents éléments dessinés. Le geste graphique n’est pas bien contrôlé. Analyse des caractéristiques du bonhomme: il s’agit d’un «bonhomme peu équilibré, non structuré et peu cohérent». D’après l’évolution du bonhomme selon Royer (1977), l’enfant à partir de 8ans son bonhomme doit être équilibré, structuré et cohérent. Il dessine la tête avec les cheveux et ajoute les détails du visage tels que des grands yeux et un gros nez. Le cou est très épais marque une certaine impulsivité. Les membres inférieurs et supérieurs sont disproportionnés. L’expression du bonhomme paraît agressive. La bouche est absente du dessin. Dans son environnement du bonhomme, il n’a rien ajouté à son dessin. Personnalisation du dessin: le bonhomme est reconnaissable grâce à ses cheveux. Il ressemble à un adulte. L’enfant nous dit que le bonhomme dessiné est son maître de sport. «Il le choisit pour les compétitions sportives à l’école et lui donne des responsabilités».

DISCUSSION DES RÉSULTATS

L’étude menée auprès des sept enfants bègues libanais a pu dévoiler des caractéristiques retrouvées dans le test du dessin du bonhomme de J. Royer.

L’analyse des dessins du bonhomme montre que les enfants bègues libanais dessinent un corps peu détaillé. Les bonhommes dessinés sont en décalage avec les stades d’évolution du dessin du bonhomme selon l’âge des enfants décrit par Royer (1977) dans son livre La personnalité de l’enfant à travers le dessin du bonhomme. L’échelle de maturité traduit le peu d’éléments dessinés par un retard dans la représentation du corps et de l’intégration du schéma corporel chez les enfants bègues libanais. Nous rejoignons l’idée de Benavides (2013) qui rapporte que les enfants bègues rencontrent une difficulté de conceptualisation de la topographie corporelle entraînant un retard au niveau de la structuration du schéma corporel.

Les bonhommes des enfants bègues libanais n’ont pas beaucoup de détails: la tête et le visage représentent l’identité du bonhomme. La tête est réalisée en premier, vient ensuite les éléments du visage ajoutés tels que les yeux et le nez. Des perturbations au niveau du regard du bonhomme s’affichent: regard vide, dur (cas5-6) et absent (cas1). Ce regard participe à l’expressivité du visage: neutre (cas1-3-4), triste (cas1-5), affreux, sévère (cas6) et agressif (cas7). Nous corrélons notre résultat avec l’étude de May (2001) de notre partie théorique. La bouche est absente dans leur reproduction du dessin du bonhomme. Ce qui dévoile une certaine souffrance portée à cet élément du visage qui revêt une importance particulière aux enfants bègues libanais. Cet effacement complet de la bouche dans leur dessin du bonhomme révèle l’ampleur du bégaiement dans leur vie quotidienne. Ceci confirme l’étude de Royer (2011) citée dans notre partie théorique. L’emplacement du bonhomme dans la zone médiane de la feuille, en haut et à gauche représentant la zone de «l’imaginaire» conformément aux études de Royer (2018) qui est retrouvé chez tous les enfants bègues libanais, marque le désir d’oublier cette souffrance vécue au quotidien. La taille des bonhommes dessinés est petite par rapport à l’espace graphique de la feuille. Le corps manque de support, de consistance et flotte dans le vide en marquant une angoisse, une crainte, un sentiment d’infériorité et une faible estime de soi chez les enfants bègues libanais. Ces sentiments sont liés à la souffrance éprouvée face aux difficultés quotidiennes d’expression, au regard d’autrui perçu comme négatif et à la moquerie des camarades. Pour faire face à leurs angoisses les enfants bègues libanais ont recours aux gommages (cas1-2-6) et à la régression (tous les cas). Il n’y a pas de continuité entre les parties du corps, celles-ci étant, maladroitement rattachées au tronc. Il y a une asymétrie autour de l’axe du corps et les membres qui sont, soit absents (cas1) soit mal représentés (cas4-5-7). Le cou apparait que dans trois dessins du bonhomme dessiné (cas4-6-7). Un cou étroit révèle des enfants souffrant des difficultés respiratoires tandis qu’un cou épais est signe d’une certaine brutalité (Royer, 1977).

          Leurs attitudes pendant la passation du test du dessin du bonhomme se ressent de manière évidente dans leur tracé: un tracé sûr avec exécution soignée (cas4-5), un tracé appuyé et peu soigné (cas1-2-3-6-7), un tracé réalisé avec une certaine impulsivité (cas2-6-7) ce qui correspond à l’étude de Royer (1977) énoncée dans notre partie théorique.

Les dessins du bonhomme des enfants bègues libanais traduisent un retard dans le développement du graphisme en référence à leur âge. Il s’agit des multiples disproportions des parties du bonhomme et le flottement du bonhomme qui figurent chez eux. Ceci témoigne d’une difficulté et d’une certaine maladresse au niveau du graphisme. Les tracés sont très appuyés expriment de l’impulsivité et de l’agressivité comme moyen de défense face à leur souffrance due au bégaiement. Le gommage traduit l’indécision et l’hésitation (cas1-2-6). L’utilisation de la couleur est en lien avec l’expression des sentiments: les dessins du bonhomme des enfants bègues libanais sont pauvres en couleur, ils utilisent peu de couleurs ; une ou deux couleurs dans leurs dessins. Les couleurs – en référence à l’étude de Widlöcher (2014) décrite dans notre partie théorique – reflètent la tristesse, l’angoisse, l’anxiété et la solitude (le violet, cas1-4), la difficulté d’expression des sentiments (le gris, cas1-3-6), le deuil (le noir, cas2), la froideur, la neutralité (le blanc, cas5), l’inhibition, la dévalorisation ou la révolte (le marron, cas6), l’agressivité, l’impulsivité (le rouge, cas7), l’espoir (le vert, cas3). L’environnement du bonhomme chez les enfants bègues libanais montrent soit une ambiance triste et morose (cas3-5-6, pluie, nuages) soit un vide total, une absence d’environnement (cas1-4-7). La représentation du soleil dans le dessin du bonhomme représente le père selon Royer (cas2) et  la notion du haut et du bas est acquise à travers la représentation du ciel et du sol (cas6).

Les enfants bègues libanais attribuent une identité au bonhomme dessiné. Cette identité est accordée à une personne adulte  (cas1-2: père, cas3: grand-sœur, cas4: grand-frère, cas5: grand-père ; cas6: maîtresse de français, cas7: maître de sport) avec laquelle ils se sentent en sécurité et en confiance. Nous s’accordons avec l’idée de Lefebure (2006) émise dans notre partie théorique. Cette reconnaissance du bonhomme est due au vêtement (cas3) ou aux cheveux (cas3-5-7) dessinés évoquée dans l’étude de Baldy (2010) dans notre partie théorique. Ils ne s’identifient pas ni à eux-mêmes puisqu’ils vivent une souffrance à cause de leur bégaiement et ni à leurs camarades à cause des moqueries et des difficultés de communication. Etant à la période d’enfance, ils s’identifient à un membre de leur famille auquel ils sont très attachés tandis qu’à la période scolaire, ils s’identifient plutôt à une personne de l’extérieur du cercle familial. Ils recherchent la communication avec le monde extérieur et le regard de l’autre compte pour eux.

Au vu de ces caractéristiques au niveau du schéma corporel, au niveau du graphisme et au niveau de la personnalisation retrouvées dans le dessin du bonhomme chez les enfants bègues libanais, nous pouvons ainsi confirmer nos hypothèses.

CONCLUSION

Le dessin du bonhomme est parmi les dessins les plus favoris des enfants bègues. Il s’agit d’un langage non-verbal spontané. Ces enfants utilisent les éléments du monde extérieur pour raconter un monde intérieur, plus secret. Quels que soient leur pays, leur culture, les enfants bègues souffrent au quotidien. Toutefois, il parait nécessaire que des recherches ultérieures s’effectuent avec un grand échantillon et portent sur la différence entre les dessins des enfants bègues et ceux des enfants non-bègues. Nous achevons avec la citation de Greig (2000): «le monde devrait remercier cette étonnante cohorte d’enfants bègues qui font toujours preuve d’une insolente et illogique gentillesse».

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[1]Psychologue Clinicienne pour Enfants et Adolescents Psychothérapeute – Psychologue Spécialisée en Éducation Spécialisée et en Neuropsychologie Professeur à l’Université Libanaise: Faculté des Sciences Humaines et de Pédagogie Membre du comité du Colloquium des psychologues au Liban

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